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Anne Soupa, présidente de la CCBF

 

La vocation de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones (CCBF) est de sensibiliser les baptisés, de les écouter et de faire connaître leur « sens  de la foi », et de contribuer par toute action à l’annonce de l’évangile et à la construction de l’Église de demain. Le propre de ces actions est d’associer le plus grand nombre possible de nos membres, car c’est en forgeant que l’on devient forgeron, et en agissant que l’on devient baptisé. C’est donc peu de dire qu’elle a salué avec enthousiasme l’élection du pape François, et qu’elle cherche, encore plus maintenant, à ce que ses entreprises rejoignent les orientations qu’il promeut, en particulier celles d’une Église synodale. Cet article, à la suite d’un précédent, (Ce sont les baptisés qui font l’Église), entend donner un aperçu des différents projets et réalisations qui sont à l’actif de cette jeune association.

Un part de nos actions consiste à donner la parole aux catholiques. Dans cette optique, en 2014, nous avons mis en ligne sur notre site les questionnaires préalables au Synode sur la famille (la Conférence des évêques de France ne les mettant pas, nous avons dû aller les chercher sur le site du diocèse de Cayenne, en Guyane), puis nous avons collationné les réponses, les avons exploitées et avons offert la synthèse à signatures (5000 recueillies). Ce service a été très apprécié. Nous avons aussi, à deux reprises, lancé un appel à soutenir l’action du pape.

En septembre 2015, la CCBF a organisé une conférence-débat à Paris menée par le frère Timothy Radcliffe et le Père Gilles Routhier sur un sujet méconnu et important, celui du « sensus fidei» des fidèles. Outre que la conférence a été très suivie et qu’ainsi croît la conviction que le baptisé est « digne de foi », nous sommes heureux d’avoir ouvert la réflexion sur une matière qui devrait être essentielle pour demain[1]. Nous entendons d’ailleurs contribuer à la prolonger.  D’autres conférences, en ligne, régulières, brèves, avec un débat en direct, verront sans doute le jour au cours de l’année.

Certains de nos projets sont modestes mais ils permettent déjà à notre association d’acquérir une histoire commune et ils donnent une place à tous nos adhérents. Ainsi le projet « Mémoire de prêtres », s’applique à recueillir, par le biais d’interviews, la parole de prêtres âgés qui sont riches d’une cinquantaine d’années de ministère. De quoi témoignent-ils ? Où est le cœur de leur vie ? Une cinquantaine d’interviews ont déjà été menées à bien et commencent à être mises en ligne sur notre site.

Ainsi le « Prix littéraire de la Conférence » fait lire qui le veut et voter qui le veut pour désigner le livre de son choix. Le premier prix vient d’être attribué à Mgr Jean-Paul Vesco pour son livre Tout amour est indissoluble, dans lequel il fait une proposition d’ordre juridique qui permet de sortir de l’impasse en ce qui concerne les divorcés remariés.

Deux projets plus ambitieux nous occupent aussi. En lien avec une association dominicaine, nous avons ouvert en 2015 une « École de prédication » pour laïcs, en 4 week end (Ecclésiologie, Bible, anthropologie, aspects pratiques). La première session (30 participants) est en cours et elle a suffisamment de succès pour être renouvelée l’an prochain, à Paris, et à Strasbourg.

Le second projet est d’une ampleur plus grande encore : il consiste à aider les communautés rurales privées de prêtres à célébrer le dimanche la Parole de Dieu. Bien épaulés par un « Comité de sages » (prêtres et laïcs), nous allons offrir (en ligne d’abord) des modèles de célébrations de la Parole déjà éprouvés, puis nous allons proposer une formation à ceux qui le souhaitent, et ensuite aider les communautés rurales qui le demandent. En effet, l’originalité de ce projet est les « aidants » seront ceux de la CCBF qui habitent la ville la plus proche : ils se rendront dans les communautés rurales afin de préparer et porter avec elles les célébrations envisagées.

Enfin, nous avons eu l’idée de nous appuyer sur de nouveaux ministères qui, nous l’espérons, traverseront l’épreuve du temps : ce sont le ministère de la bienveillance, celui de l’écoute et celui de l’espérance. Qui n’a besoin de ces trois dimensions pour grandir, qu’il soit croyant ou non ? Reste que pour le moment, ces ministères ont besoin de « prendre corps ». Certes, toute notre action doit être de bienveillance, d’écoute et d’espérance. Mais plus précisément, comment faire ? Faut-il définir des gestes précis et les susciter, ou partir des personnes préalablement investies dans ces trois attitudes?

Par ailleurs, pour répondre aux vœux du pape François, nous avons envisagé de créer un « hôpital de campagne » : ce serait un événement ponctuel, en un lieu de passage où viendraient « des gens », le « tout venant » à qui l’on proposerait, outre un moment convivial autour d’un chocolat et d’une brioche, de « poser leurs fardeaux » aux pieds du Christ, maître de miséricorde. Mais pour avancer, il aurait fallu inventer « le » geste signifiant. Nous ne l’avons pas trouvé… Échec ? Expérience remise à plus tard ?

Nous avions aussi projeté de vivre une « Journée des baptisés », un temps annuel de fête autour de la Saint Jean Baptiste. Cette proposition liée au baptême pouvait aussi être une « année des baptisés » où l’on aurait, par exemple réfléchi sur les titres de prêtre, prophète, roi, et décliné les initiatives que cela entraînait. Nous avons écrit au Pape Benoît, sans obtenir de réponse. Nous n’avons pas poussé plus loin… Dans les deux cas, les conditions n’étaient pas remplies, ou bien nous étions trop peu nombreux, ou bien notre foi était trop faible. Mais ce sont de belles idées, à garder en tête. Peut-être à reprendre avec d’autres, sur des bases plus larges. Si le cœur vous en dit….

[1] Vox populi, vox Dei ? Si on écoutait mieux les baptisés ?, Timothy Radcliffe, Gilles Routhier, Anne Soupa, préface de Joseph Moingt, Éditions Médiaspaul, janvier 2016.


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