Parigi 13 novembre

Daniel 7, 13-14      Apoc. 1, 5-8    Jean 18, 33b-37

 

Le 13 novembre dernier, à l’annonce de l’attentat terroriste à Paris, à la description du massacre, des victimes, dans la crainte pour les nôtres, dans la colère, peut-être nous sommes-nous souvenu de l’épisode tragique, insoutenable que raconte Elie Wiesel dans son récit intitulé « La Nuit ». Vous le connaissez sans doute : il s’agit du moment où deux hommes et un enfant sont pendus par les nazis dans le camp de Buchenwald. L’enfant, contrairement aux adultes, n’en finit pas de mourir et Wiesel entend quelqu’un derrière lui demander : « Où est le Bon Dieu, où est-il ? » et une seconde fois : « Où donc est Dieu ? ». Et l’auteur ajoute : « Où Il est ? Le voici – il est pendu ici, à cette potence… »

Où était Dieu le 13 novembre à Paris ? Où était-il la veille à Beyrouth ? Où était-il avant-hier à Bamako ?. Ce ne sont pas des questions académiques, c’est la révolte de nos cœurs. Si Dieu existe, s’il est amour, que fait-il devant nos drames ? Dans les psaumes, nous trouvons plusieurs fois cette injonction : « Dieu, sors de ton silence ! »

Aujourd’hui, fête du Christ-Roi, l’Eglise nous fait regarder Jésus devant Pilate. Il arrive après une nuit sans sommeil, des interrogatoires avec voies de fait par des juges décidés à le perdre. Il arrive, ayant échoué dans sa mission de préparer le peuple et la terre d’Israël à être les prémices et les auteurs du Royaume de Dieu son Père. Il a subi l’hostilité des chefs de ce peuple qui auraient dû être les premiers à l’accueillir et à le seconder. Il a vécu l’instabilité des foules, désireuses de guérison miraculeuse et de victoire sans combat contre leurs oppresseurs. Jusqu’au dernier moment, il avait compté sur le soutien des disciples qui l’avaient suivi, qu’il avait formés, auxquels il avait ouvert son coeur mais qui au dernier moment se sont enfuis, après que l’un d’entre eux ait manigancé son arrestation. Le voici devant Pilate, absolument seul, sachant que rien ne le sauvera du massacre préparé, désiré, obtenu d’ennemis vraiment aveuglés par la haine. Et du coté de Dieu son Père, qu’il avait supplié avec des larmes de sang, rien. Regardons-Le. Ne détournons pas les yeux.« O vous qui passez par le chemin, voyez s’il est douleur semblable à ma douleur ».